Diagnostic d’exclusion lors de dorsalgie chez le cheval
- Services PEPS
- 14 févr.
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La dorsalgie est un motif de consultation courant en ostéopathie équine. Souvent repérée par les propriétaires à l’occasion du pansage par des réactions de retrait du cheval, d’agacement, ou d’une sensibilité accrue, elle peut aussi se manifester par de l’évitement lors de la mise en place de la selle ou lors du montoir. Elle est parfois plus subtile et s’exprime lors du travail monté, par des allures étriquées, des difficultés dans les transitions, un refus d’aller sauter, un grincement de dents…
L’expertise de l’ostéopathe, par l’observation, la palpation, et les tests de mobilité, permet de la déceler, de préciser sa localisation et d’évaluer ses conséquences sur le fonctionnement global du corps du cheval. Par la manipulation des tissus durs et mous qui la régissent et par la normalisation des dysfonctions ostéopathiques qui l’entourent, l’ostéopathe peut soulager efficacement le cheval. Cependant, dans certains cas, le praticien peut être amené à référer le cheval auprès du vétérinaire. Quels sont les diagnostics d’exclusion de la dorsalgie chez le cheval ? Tour d’horizon des principales affections du dos du cheval, pouvant nécessiter une prise en charge vétérinaire.
Le conflit de processus épineux
Défini comme un rapprochement excessif voire un contact entre les apophyses épineuses des vertèbres, il se retrouve majoritairement entre la treizième et la dix-huitième vertèbre thoracique, ou entre la quatrième et la cinquième vertèbre lombaire. L’examen radiographique pourra révéler un remaniement osseux ou des réactions périostées entre les processus épineux, la gravité des images n’est pas toujours corrélée à l’intensité de la douleur ressentie.
L’ostéoarthrose synoviale intervertébrale
Elle correspond aux phénomènes dégénératifs des processus articulaires vertébraux, le plus souvent située au niveau des dernières vertèbres thoraciques, des lombaires et de l’articulation lombo-sacrée. C’est une des principales causes de dorsalgie chronique. Elle s’installe souvent à la jonction thoraco-lombaire, entre T16 et L3. Les contraintes de compression répétées sur les facettes articulaires notamment lors du saut d’obstacle semblent être un facteur favorisant.
La spondylose
Elle se caractérise par une prolifération ostéophytique au niveau de la partie ventrale des vertèbres, elle est moins courante et peut conduire à une dégénérescence de l’anneau fibreux du disque intervertébral et à la formation d’un pont entre deux vertèbres. Les sites préférentiels concernent les vertèbres thoraciques de T11 à T14.
La fracture
Les fractures sont généralement d’origine traumatique et concernent souvent les processus épineux du garrot. Elles peuvent conduire à des dorsalgies chroniques bien qu’aucun nerf ne soit lésé, les chevaux ont alors des difficultés à monter le garrot, et/ou à fléchir le dos.
La desmite du ligament supraépineux
Elle peut occasionner des douleurs à la palpation et une déformation locale, les sites les plus concernés sont la région thoraco-lombaire à partir de T10. L’échographie est l’examen de choix.
L’élongation ou la déchirure musculaire
Le muscle le plus touché est l’erector spinae, sur sollicité lors d’un travail inadéquat ou un exercice trop violent. On observe alors une réaction à la palpation et une asymétrie musculaire. Les muscles glutéaux caudaux peuvent également être concernés, surtout chez les chevaux d’obstacle qui peuvent alors refuser de sauter.
La desmite sacro-iliaque dorsale
Le ligament sacro-iliaque dorsal permet de stabiliser le bassin avec le rachis. Une desmite peut se produire notamment lors d’un effort intense de propulsion de l’arrière-main à l’obstacle ou au galop rapide. Elle peut être concomitante à une subluxation sacro-iliaque et devient un site préférentiel pour l’installation d’ostéo-arthrose. Une boiterie postérieure peut apparaître, la queue est plaquée, on observe aussi une asymétrie de l’épine iliaque dorso-crâniale.
Une fois le diagnostic vétérinaire établi, les traitements allopathiques reposent sur les anti-inflammatoires non-stéroïdiens par voie générale, la mésothérapie qui combine corticoïdes et anesthésique local, les infiltrations, ou encore l’injection intra-veineuse de tiludronate. Le conflit de processus épineux possède une voie d’abord chirurgicale.
L’ostéopathie comme la physiothérapie sont des options adjuvantes au traitement pour améliorer l’amplitude articulaire, réduire la douleur et procurer de la relaxation. Le travail du cheval doit être adapté et un programme de rééducation est mis en place afin de restaurer la capacité musculaire et permettre au cheval de s’approcher ou revenir à son niveau sportif.
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